La retraite des Lyonnais

La troupe de Précy, forte de plus d'un millier d'hommes et de quelques deux cents cavaliers, fit sa sortie par Vaise le neuf octobre, de bonne heure. L'objectif était de passer la Saône en aval de Trévoux, puis de gagner la Suisse.
Canonnée dès les premiers mètres, elle perdit son arrière-garde à Saint Rambert, tandis que le corps principal progressait difficilement vers Saint-Cyr.

“Le Général Précy”

François-Louis Perrin de Précy : (1742-1821). Lieutenant Colonel de l'armée royal, cet officier médiocre profite de la période révolutionnaire pour faire avancer sa carrière. D'abord en intégrant la garde constitutionnelle du roi jusqu'au dix août (auquel il ne prend aucune part) puis, alors qu'il est retiré sur ses terres de Saône-et-Loire, en acceptant le commandement que lui offres les insurgés Lyonnais en 1793. Sa conduite des oppérationsns explique partièlement l'échec de l'insurection. Lors de la sortie, après avoir conduit l'immense majorité de ses hommes à la mort il parvient à s'échapper et à gagner la Suisse.

Rattrapée par l'armée conventionnelle dans les monts d'or, elle dut livrer une nouvelle bataille qui lui permit de se défaire momentanément de ses poursuivants, mais finit de la désorganiser.
Parvenus dans la plaine, au niveau des Chères, les Lyonnais qui restaient (sans doute la moitié), se scindèrent en deux groupes : l'un, fort de plus de deux cents hommes, conduit par Précy, gagna les bois d'Alix qu'il atteignit à la nuit ; l'autre, sans doute plus nombreux, tenta en vain de passer la Saône. Après un nouvel accrochage —sans doute sérieux— avec les troupes conventionnelles, les débris de ce groupe gagnèrent également les bois d'Alix où ils furent taillés en pièces par leurs poursuivants et par les habitants des campagnes.

De ceux qui avaient suivi Précy, une bonne partie se débandèrent au matin du dix octobre, tandis que les autres allaient errer pendant plus de vingt-quatre heures entre Alix et Oingt, pour tenter d'échapper aux autochtones qui les recherchaient activement et aux troupes conventionnelles que nos Muscadins croyaient cantonnées au Bois-d'Oingt. Finalement localisés par les paysans, au dessus d'Oingt, à l'aube du onze octobre, ils furent dès lors en butte aux coups des tirailleurs et pressés par des groupes de paysans dont le nombre augmentait sans cesse, pendant tout le reste de leur périple.
Ils parvinrent harassés au dessous de Saint-Romain-de-Popey où ils furent confrontés à une centaine de dragons et à plusieurs milliers de gardes nationaux recrutés dans toutes les communes des environs. Une dernière fois ils parvinrent à décrocher et, toujours harcelés par les paysans, gravirent les pentes du Crée-de-Popey. Ceux qui parvinrent en haut, peut-être une centaine, furent rejoints par des hussards qui les sommèrent de capituler. Après l'échec des négociations, les conventionnels chargèrent : avec le concours des paysans, ils tuèrent ou capturèrent pratiquement tous les Lyonnais. Entre temps, le général était parvenu à s'enfuir.

Contexte historique :
Au pays des Pierres dorées (bis)
Les Muscadins